Au Sahel, les communautés rurales vivent des ressources naturelles qu’elles partagent. Elles sont également interdépendantes dans la pratique de leurs activités génératrices de revenus. Or, leur mode de vie est aujourd’hui menacé par la croissance démographique, le changement climatique et l’insécurité, qui augmentent la concurrence autour des ressources naturelles, perturbent fortement les cycles de transhumance et créent une méfiance entre les communautés, premier corollaire de la destruction du tissu social.

Face au risque d’escalade de ces conflits agropastoraux, le Centre pour le Dialogue Humanitaire (HD) propose depuis 2015 aux États du Sahel une méthodologie de médiation entre communautés pastorales et sédentaires, visant à prévenir et réduire la conflictualité au sein des communautés agropastorales et le long des routes de transhumance sahéliennes par la médiation.

Au Burkina Faso, HD appuie la structuration et la formation de réseaux de médiateurs. HD accompagne et soutient ces réseaux dans la médiation des conflits autour du partage des ressources naturelles et, pour les conflits qui dépassent leurs capacités, intervient directement en tant que médiateur. Cet appui vise notamment à faciliter l’adoption de mécanismes oraux ou écrits définissant les règles d’usage des ressources disputées et de conventions locales de partage des ressources naturelles.

Dans ce cadre, HD porte une attention particulière à la prévention des conflits à travers la sensibilisation des communautés aux règles régissant la transhumance. Cette sensibilisation consiste en la diffusion de messages et d’émissions radiophoniques en langues locales et en la mise à disposition d’une boîte à images expliquant de façon simple les points importants figurant dans les textes législatifs en matière de transhumance. Les réseaux sont également outillés avec des annuaires téléphoniques ou des répertoires des marques des animaux, afin de faciliter leurs efforts de gestion des conflits.

« Transhumance, un espace en partage » est une bande dessinée de vingt-huit (28) pages, construite comme un récit de mobilité pastorale, ancré dans des situations et des réalités vécues : déplacements saisonniers, tensions ordinaires, médiations concrètes et intérêts partagés. L’histoire suit un groupe de transhumants engagés avec leur troupeau mixte (bovins, chèvres et moutons) dans une transhumance internationale qui s’étend de mai à décembre. Le récit montre à la fois les tensions et les bénéfices de cette mobilité.